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A la recherche de moyens de contrôler l'asthme
Les nouveaux médicaments sont rarement vraiment nouveaux. La recherche commence habituellement 10 ou 15 ans avant qu'un patient puisse avoir accès à un nouveau produit.
Par exemple, les scientifiques du Centre de recherche thérapeutique Merck Frosst, à Montréal, travaillent depuis 13 ans sur une nouvelle façon de contrôler l'asthme. Cette maladie chronique est le résultat d'une inflammation et du resserrement des tubes bronchiques qui rendent la respiration difficile. L'asthme affecte de cinq à dix pour cent de la population au Canada.
Certains médicaments contre l'asthme ont des effets secondaires importants et d'autres n'agissent qu'après une crise. Il serait donc souhaitable de bloquer la réaction asthmatique, et il se pourrait qu'on y soit arivé.
En 1979, un groupe de scientifiques suédois identifiait des composés appelés leukotriènes (LT) qui sont responsables du reserrement des tubes bronchiques. Ces LT sont présentes en chacun de nous, mais une crise d'asthme a habituellement pour effet d'augmenter la production de ces substances à des niveaux anormalenient èlevés.
Les scientifiques de Merck Frosst se sont rendu compte que cette découverte pouvait déboucher sur un moyen sûr de prévenir les crises d'asthme et se sont mis au travail en suivant deux méthodes.
La première consistait à fabriquer des composés qui allaient inhiber l'action des enzymes productrices de trop grandes quantité de LT qui sont à l'origine de la réaction asthmatique.
La seconde, à fabriquer des composés (appelés antagonistes des récepteurs LT) qui allaient se fixer sur les tissus que les LT cherchent à attaquer. En étant là les premiers, ces composés empêcheraient les LT de se déposer et les tissus, de se resserrer.
Pour chaque méthode - comme pour toute recherche de nouveaux medicaments - les chimistes spécialisés en chimie organique commencement par tenter d'identifier des composés qui pouvaient avoir les effets désirés. Ils travaillèrent d'abord sur des sources naturelles, comme des extraits de plantes, puis sur des composés chimiques.
Les tests et l'amelioration des composés exigent beaucoup de temps: seulement un composé sur 10 000 aura les propriétés désirées.
Lorsqu'un composé a subi avec succès une variété de tests portant sur son activité, sa non-toxicité, sa solubilité, et ainsi de suite, des chercheurs en pharmacologie prennent la relève.
Ceux-ci travaillent de concert avec des chimistes analystes pour étudier la pureté du composé et la façon dont l'organisme l'absorbe, ainsi que des physico-chimistes qui étudient les propriétés physiques et la stabilité du composé.
Plus tard, ces chercheurs décident de la meilleure façon d'administrer le nouveau médicament: en pilules, en capsules, en adrosols, etc. Enfin, le nouveau produit peut être essayé sur des humains, ce qui prend des mois ou des années.
Les scientifiques de Merck Frosst ont mis au point des composés qui, d'une part, empèchent la production excessive de LT et, d'autre part, enrayent les attaques causées par un excès de LT.
Le processus est long, mais une nouvelle thérapie visant à guérir l'asthme apparaît déja à l'horizon.