 |
|
Nouvelles études canadiennes sur la fibrose kystique
|
 |
La fibrose kystique (CF, pour Cystic Fibrosis, dénomination
anglaise de cette affection) est une maladie héréditaire qui
affecte les tissus épithéliaux («surface» ou «doublure») du
corps. C'est un défaut dans les molécules de protéines
transportant les ions de chlore à travers les membranes
cellulaires qui est à l'origine des nombreux symptômes de la CF
: une sueur extrêmement salée et irritante par temps chaud, un
excès d'acide dans l'intestin grêle qui ralentit l'action des
enzymes chargées de digérer les aliments et, ce qui est plus
grave, une absence de lubrification de la surface des cellules
entraînant l'accumulation de mucosités visqueuses qui obstruent
les cellules des poumons, les sinus et différents conduits.
Cette accumulation entraîne des infections, des inflammations,
des réactions allergiques (par exemple, l'asthme), ainsi que la
production de toxines et de molécules d'ADN encore plus
visqueuses qui s'échappent d'une variété de cellules brisées.
Il fut un temps où les personnes atteintes de CF mourraient dès
l'enfance. Maintenant, grâce à des médicaments qui facilitent
la digestion, à des antibiotiques qui combattent les infections
et à des séances régulières de physiothérapie qui aident à
libérer les poumons des mucosités, ces personnes peuvent
espérer vivre jusqu'à l'âge d'environ 30 ans.
Au département de chimie de l'Université McGill, dans les
laboratoires des professeurs Graham Darling et Jik Chin, on
effectue des recherches dans plusieurs domaines afin de
comprendre la fibrose ystique. L'un des projets consiste à
préparer et à étalonner les nouveaux indicateurs chimiques
fluorescents qui permettront de «sonder», au moyen de la
microscopie par fluorescence (voir photo), les réactions des
cellules individuelles à divers stimuli. Les chercheurs pourront
ainsi mieux comprendre les mécanismes des inflammations et des
spasmes que subissent certains tissus spécifiques dans les
poumons infectés et identifier quels médicaments peuvent être
les plus utiles dans diverses situations. Un autre projet porte
sur la préparation de nouvelles enzymes artificielles qui
peuvent digérer et libérer le mucus qui se trouve dans les
poumons des personnes souffrant de CF, désactiver les toxines
qu'on y rencontre, ou encore aider dans la digestion des
aliments. Enfin, on travaille également sur une molécule
artificielle dite «canal de chlorure» qui, inhalée sous forme
d'aérosol, pourrait pénétrer les membranes des
cellulespulmonaires et remettre en branle les mécanismes
naturels permettant d'éliminer le mucus à mesure qu'il se
forme.
Ces recherches rassemblent les spécialités de la chimie
organique de synthèse, de la chimie des polymères, de la chimie
de coordination, de la biochimie et de la spectroscopie
analytique. Bien que ces recherches visent à combattre la CF,
les résultats pourront sans doute aider à traiter d'autres
maladies et trouveront d'autres applications à l'extérieur du
domaine médical.
|