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Des toxins dans nos aliments
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Oui, il existe des toxines connues dans les aliments que nous
consommons. Les pépins de pomme contiennent du cyanure, mais il
vous faudrait en manger des kilos pour en ressentir les effets
négatifs. Croquer de tels pépins à l'occasion ne met nullement
notre vie en danger. Mais il faut s'inquiéter lorsqu'une
substance toxique mortelle se glisse naturellement dans un
aliment alors qu'il n'en contenait auparavant aucune trace.
En 1987, les provinces de l'Atlantique eurent à faire face à
un mystérieux cas d'empoisonnement alimentaire. Il
s'accompagnait de symptômes comme la diarrhée, des
vomissements, suivis d'une étape de confusion, de perte de
mémoire, de ésorientation, puis du coma. Cet empoisonnement fut
attribué à des moules qui contenaient une substance toxique
inconnue. Une enquête indiqua qu'elles provenaient d'une région
spécifique de l'Île-du-Prince-Édouard.
Le 12 décembre 1987, un groupe de scientifiques se réunit au
Laboratoire de recherches de l'Atlantique du Conseil national de
recherches de Halifax, en Nouvelle-Écosse. Cette équipe
réunissait tous les chimistes et biologistes de la faune marine
disponibles. Jeffrey L.C. Wright dirigeait le groupe. Après
avoir travaillé jour et nuit, l'équipe mit au point une
stratégie qui l'amena à identifier la toxine qu'elle cherchait
le 16 décembre, soit seulement 102 heures après le début des
travaux.
On découvrit la toxine des moules en ayant recours aux
techniques de résonance magnétique nucléaire. Il s'agissait
d'acide domoïque. Au Japon, cette substance est utilisée à des
fins thérapeutiques. Toutefois, la quantité d'acide domoïque
absorbée par les victimes dépassait de loin le seuil de
tolérance de l'organisme humain.
Chaque repas de moules permettait d'en ingérer jusqu'à 0,2 g
à 0,3 g. Ce composé n'avait jamais été jugé toxique pour les
humains jusqu'à ce que Jeffrey Wright et son équipe trouvent
une solution à ce tragique mystère.
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