page principale | menu principal | articles | expériences | quiz english
La chimie et le titanic


Ses constructeurs prétendaient qu'il était insubmersible, mais ils se trompaient lourdement. En 1912, le Titanic sombrait ragiquement pendant son voyage inaugural. On a enfin localisé les restes du navire en 1985, à quelque distance des grands bancsde Terre-Neuve. Le Titanic repose maintenant dans l'Atlantique, par 3 800 m de fond, et de surprenantes réactions chimiques s'y déroulent.

On découvre que la corrosion du navire donne naissance à des produits très intéressants. La structure, la chimie et laminéralogie des produits de corrosion permettent aux scientifiques de mieux connaître la géochimie du fer et d'autres métaux qui, par accident, se sont retrouvés dans cet environnement abyssal. Comme le Titanic était un navire tout neuf qui n'avait même pas terminé son premier voyage au moment où il s'est abîmé, il est possible d'y effectuer une étude scientifique bien contrôlée.

Les produits de la rouille les plus évidents sur le Titanic sont les glaçons de rouille. Ceux-ci ressemblent à des stalactites pouvant atteindre plusieurs dizaines de centimètres de longueur. Les glaçons de rouille ont une surface extérieure rouge et lisse faite d'oxy-hydroxyde de fer. Le coeur d'un rusticle est orange vif. Les cristaux en forme d'aiguilles quile composent sont appelés oéthites [[IMAGE]-FeO(OH)]>

Un test d'activité biologique a montré que ces glaçons de rouille croissent en présence de bactéries. Ces bactéries sont d'une espèce à réduction de sulfate qui croît rapidement en milieu anaérobique (sans oxygène).

Il existe d'autres formes inhabituelles de corrosion surcette magnifique épave, comme les «coulées» et les «flocons» de rouille. On trouve surtout les oulées sur le pont du navire et des analyses successives ont montré qu'elles s'étendent au rythme de 10 cm par année. Les flocons sont très semblables aux glaçons de rouille dans leur composition. Il s'agit d'un mélange de goéthite et de lépidocrocite, deux minéraux formés en présence de fer qui laissent également supposer l'existence d'une colonie bactérienne.

L'étude a démontré que l'activité biologique dans l'eau de mer joue un rôle très important dans la corrosion du Titanic. On sait maintenant que ces bactéries sont essentielles dans la formation de coulées de rouille qui se propagent rapidement, ainsi que dans celle des glaçons de rouille.

logo