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Feu vert à un nouveau médicament contre le cancer

la thérapie photodynamiqueUne équipe scientifique canadienne dirigée par les professeurs Julia Levy et David Dolphin de l'Université de Colombie-Britannique a élaboré une nouvelle technique de lutte contre les tumeurs cancéreuses. Cette technique, appelée "thérapie photodynamique" a été mise au point par la société Quadra Logic Technologies (QLT) fondée par les professeurs Levy et Dolphin.

Il a été prouvé que la thérapie photodynamique élimine les petites tumeurs ainsi que les tumeurs de taille normale situées dans des régions du corps difficiles à atteindre. Le cancer est vaincu par une strangulation des cellules microscopiques de la tumeur qui, coupées de leur alimentation en oxygène, ne peuvent plus survivre. On y arrive en utilisant une arme, le canon laser, dont les munitions sont un produit chimique appelé photofrine. La longueur d'onde efficace utilisée par le laser correspond à la zone rouge du spectre. Le laser (qui amplifie la lumière par émission stimulée de radiations) est un intense faisceau lumineux concentré et finement orienté ne possédant qu'une seule longueur d'onde (monochromatique) la photofrine est un produit chimique photosensible qui, traité à l'aide d'un rayon laser, agit comme catalyseur (substance qui augmente la vitesse d'une réaction sans être utilisé dans la réaction) pour activer l'oxygène. L'oxygène de l'air se présente normalement sous forme d'oxygène triplet. La phtofrine constitue un complexe avec l'oxygène et, activée par le laser, elle provoque la formation d'une forme excitée de l'oxygène appelée oxygène singulet. L'oxygène de tout ce qu'il rencontre, entraînant la suffocation des cellules.

La guerre chimique débute par une injection de photofrine dans les veines du patient. La photofrine s'accumule de façon sélective à l'intérieur de la tumeur et attend que le canon laser soit placé stratégiquement pour attaquer cette dernière. Il y a accumulation sélective parce que la molécule photoactive est transportée vers la cellule à l'aide d'un composant lipoprotéinique du sang qui, normalement, achemine le cholestérol aux cellules qui se divisent. Les cellules cancéreuses diffèrent à un rythme plus rapide, ce qui fait que les vaisseaux sanguins nouvellement formés dans la région de la tumeur possèdent davantage de récepteurs pour l'absorption des lipoprotéines. Cette propriété des cellules cancéreuses permet d'acheminer de façon sélective la photofrine, celle-ci s'"arme" et provoque la production d'un oxygène singulet hautement réactif. La demi-vie de l'oxygène singulet est de seulement de 5 ms (millisecondes), ce qui signifie que, une fois que le laser est éteint, son effet n'est ressenti que pendant un court instant. C'est la désintégration des cellules tuméreuses et des microscopiques vaisseaux sanguins qui les nourrissent qui est responsable de la destruction de la tumeur.

Au moment de la mise au point de la photofrine, une autre molécule photoactive a été découverte par les professeurs Dolphin et Levy. La société QLT est d'ailleurs en train de la mettre au point. Cette molécule est un dérivé de la benzoporphyrine (BPD) qui agit chimiquement de la même manière que la photofrine. Toutefois, la BPD possède certains avantages sur la photofrine. Par exemple, elle est plus facilement absorbée par les cellules, ce qui signifie que la période d'attente entre l'injection des molécules et le traitement au laser n'est que de 2 à 3 heures pour la BPD, plutôt que de 48 heures comme c'est le cas pour la photofrine. En outre, la BPD est éliminée des cellules plus rapidement, ce qui la rend moins toxique. Enfin, pour être activée, la BPD exige une longueur d'onde plus grande (moins d'énergie). Ces avantages confèrent à cette molécule photoactive un potentiel plus grand et l'on procède actuellement aux essais cliniques de la BPD pour le traitement du psoriasis, du cancer de la peau et de maladies oculaires (des yeux).

La thérapie photodynamique est une étape extrêmement importante dans l'élaboration de traitements contre le cancer parce qu'elle permet d'attaquer les cellules cancéreuses de façon sélective tout en laissant intactes les cellules en santé. Le traitement a beaucoup de succès lorsque le cancer est identifié dès ses phases initiales. La détection rapide est très importante parce que, avec le temps, les cellules cancéreuses peuvent se répandre dans tout le corps (métastases) et qu'il n'est alors plus possible de les éliminer à l'aide de thérapies simples comme celles que nous venons de décrire.

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