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Une maladie juvénile aux effets persistants
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"Juvénile" fait réference aux qualités propres à la
jeunesse et le diabète (en grec, ce mot signifie "qui
traverse") est une maladie dont le nom évoque l'émission
surabondante d'urine chez ceux qui en sont atteints. Le diabète
juvénile frappe un jeune sur 300 avant l'âge de 20 ans. Il
s'agit là d'un chiffre très élevé. C'est pourquoi la
professeure L. Field, du Réseau canadien sur les maladies
génétiques de l'Université de Calgary, tente d'aller aux
sources du problème. Elle entend y arriver par la génétique,
domaine qui tire son nom de segments de l'ADN (acide
désoxyribonucléique) appelés gènes (unités d'information
héréditaire). Ce sont les gènes qui décident du genre de
protéines que fabriquent les cellules. En étudiant l'ADN, la
professeure Field a découvert deux nouveaux gènes qui, s'ils
sont présents, ont un important rôle à jour dans le
développement de la maladie dont il est ici question.
Le diabète est une maladie qui est occasionnée par un
dysfonctionnement des mécanismes de transport du glucose à
travers la membrane des cellules. Le glucose est nécessaire pour
fournir aux cellules et au corps l'énergie requise pour vous
permettre de participer à un marathon ou simplement vous asseoir
et réfléchir tranquillement. Cette déficience dans les
capacités d'absorption du glucose laisse des quantités
excessives de ce produit dans le sang, qui finissent par être
éliminées avec l'urine. Pourquoi une cellule refuse-t-elle
d'absorber le glucose à traverser une membrane cellulaire, une
protéine spécifique, l'insuline, doit être présente.
L'insuline stimule les récepteurs du glucose dans les cellules
cibles, se fixe à la surface de celles-ci et transporte le
glucose à travers leur membrane. Sans ces récepteurs, le
glucose ne peut pénétrer dans une cellule et ne peut donc être
utilisé par le corps. Les causes d'utilisation inadéquate du
glucose sont nombreuses selon les différents types de diabète.
Chez les personnes atteintes de diabète juvenile, le glucose
n'est pas absorbé parce que les cellules du pancréas qui
produisent l'insuline sont détruites par les mécanismes de
défense du corps (maladie auto-immune).
Le diabète juvénile naît de l'action conjuguée de
nombreux gènes, ce qui rend le casse-tête beaucoup plus
difficile à résoudre. Toutefois, grâce au "filtre à
génomes" (tout l'ADN présent dans le corps) qui a permis
de repérer 100 gènes en cause grâces à une technique appelée
réaction en chaîne de la polymérase qui sert à créer de
très nombreuses copies d'un gène pour en faciliter l'étude. On
a fini par découvrir que deux gènes sur les chromosomes 11 et
15 (forme condensée d'ADN et de protéines nucléaires) étaient
en partie responsables du diabète juvénile.
A l'heure actuelle, le seul traitement pour une personne
atteinte de cette maladie est l'injection quotidienne d'insuline.
Toutefois, puisque les gènes qui rendent une personne
susceptible de développer le diabète juvénile ont été
découverts, le dépistage précoce de même que le traitement
préventif deviennent possibles.
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