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Brillantes manoeuvres
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Il existe une entreprise au
Canada qui sait s'y prendre pour faire du chemin. Elle a été
recrutée pour travailler dans des endroits comme l'Écosse,
l'Amérique du Sud, le Koweit et, plus récemment, la Russie.
Pouvez-vous deviner ce que tous ces endroits ont en commun? Le
nom Exxon Valdeez vous rappelle-t-il quelque chose? Ce qu'ils ont
en commun, ce sont les déversements d'hydrocarbures par les
pétroliers géants qui transportent du pétrole d'un pays à un
autre comptent parmi les causes non naturelles. Les catastrophes
naturelles, comme les tremblements de terre, peuvent également
entraîner des déversements de pétrole dans les voies d'eau.
Pour préserver la nature et réduire les dommages possibles
causés par les déversements excessifs, Oil Spill Control
Services de Toronto, en Ontario, utilise des techniques fondées
sur la chimie pour localiser les déversements et procéder au
nettoyage.
Le pétrole et l'eau sont immiscibles (ils ne se mélangent
pas) et la plupart des huiles, parce ce qu'elles sont moins
denses que l'eau (masse/volume), flottent. Le pétrole comprend
les éléments carbone, hydrogène, oxygène, soufre et azote. Le
carbone et l'hydrogène comptant pour la plus large part, la
plupart des produits pétroliers sont appelés hydrocarbures. Les
huiles qui contiennent seulement du carbone et de l'hydrogène
sont pâles et inodores, tandis que celles qui renferment
également de l'azote, du soufre et de l'oxygène ont tendance à
être foncées, visqueuses (elles résistent à l'écoulement),
denses et odorantes (nauséabondes). Les nombreux types de
pétroles ont des propriétés physiques et chimiques
différentes qui influencent leur comportement. Par exemple, la
vitesse à laquelle une huile se répand dépend de propriétés
comme sa viscosité, sa densité, sa teneur en cire, de même que
des conditions climatiques et de la température. Lorsque du
pétrole se répand, les processus comme l'évaporation, la
dissolution (certains composés se dissolvent), la dispersion
(les composés se séparent les uns des autres),
l'émulsification (l'eau s'incorpore au pétrole qui flotte) et
la photo-oxydation (oxydation par la lumière solaire)
s'accélèrent.
Lorsqu'une nappe de pétrole est signalée sur l'eau, les
mesures à prendre consistent à trouver l'emplacement exact du
déversement. Comme on ne peut y arriver efficacement à partir
d'un navire, le professeur R. Goodman de la société Esso, à
Calgary, a mis au point un protocole de surveillance aérienne
qui a recours à techniques comme le radar aéroporté à
l'antenne latérale (SLAR pour side looking airborne radar), les
rayonnements ultraviolets (UV) et les rayonnements infrarouges
(IR). Le SLAR est utilisé pour déterminer l'agitation de l'eau
(en présence de pétrole, elle devient très calme), le rayons
UV servent à détecter la présence de hydrocarbures dans l'eau
et les IR, les différences qui permettent d'évaluer l'epaisseur
de la nappe.
Les déversements d'hydrocarbures sont traités
différémment selon l'endroit où ils ont lieu. Loin des côtes,
la tâche la plus importante consiste à empêcher que la nappe
ne s'étende. Pour ce faire, on utilise des barrages de
rétention. Ceux-ci sont des pièces d'équipement importantes
utilisées pour retenir le pétrole répandu. Il en existe de
toutes les formes et de toutes les tailles. Chaque déversement
d'hydrocarbures a ses caractéristiques propres, ce qui fait que
chaque barrage de rétention doit être fait sur mesure en
fonction de la nature de la nappe. Ces barrages entourent la
nappe de pétrole pour la retenir, sinon elle continuerait de se
répandre jusqu'à ce qu'elle ne forme plus qu'une monocouche
(couche unique) de molécules de pétrole à la surface de l'eau,
qui affecterait la faune aquatique sur de vastes étendues.
Une fois que le pétrole est retenu, il reste à le retirer
de la mer. Il existe trois méthodes d'extraction. On peut
utiliser des récupérateurs mécaniques qui aspirent l'huile de
la surface de l'eau comme des aspirateurs géants. Le deuxième
moyen d'extraction consistes à utiliser des sorbants. Ceux-ci
s'appuient sur le principe que les molécules semblables
s'attirent les unes les autres. En d'autres termes, la surface de
ces sorbants est lipophile (non polaire), ce qui permet aux
molécules de pétroles (qui sont également non polaires) d'y
adhérer pour ensuite être retirées de l'eau. La troisième
méthode, manuelle celle-là, consiste à recourir à une équipe
de nettoyage qui utilise des agents de surface (contenant des
composants polaires et non polaires qui permettent au pétrole
non polaire d'être relâché dans l'eau polaire) pour augmenter
la formation de gouttelettes qui aident les bactéries
pétrophages, les champignons et les levures à avoir accès à
l'huile.
Lorsqu'il y a déversement d'hydrocarbures à proximité des
côtes ou sur celles-ci, la nature s'en trouve grandement
affectée, parce que c'est là que se rencontrent les espèces
vivantes aquatiques et terrestres. Il existe diverses procédures
de nettoyage. L'une d'elles consiste à employer des nettoyeurs
de plage. Il s'agit de produits chimiques utilisés pour enlever
le pétrole qui s'est déposé sur les cailloux et le retourner
à l'eau d'où il sera extrait en utilisant les méthodes
décrites précédemment. Autre procédure: le recours à des
processus naturels, comme la photo-oxydation et la
biorestauration. La photo-oxydation est la décomposition des
composants du pétrole sous l'effet de l'énergie solaire, tandis
que la biorestauration est une méthode qui consiste à utiliser
des bactéries pétrophages pour réduire ou métaboliser les
composés. Comme vous pouvez le constater, la nature joue
également un rôle dans la bataille permanente qui se livre en
vue de la préservation de son équilibre contre les dangers
auxquels elle est exposée.
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