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Antimatière et tomographie par émission de positons
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Qu'est-ce que Star Trek et la tomographie par émission
de positons (TEP) ont en commun ? L'antimatière !
La TEP est une technique diagnostique non effractive qui
permet de produire des images du corps en trois dimensions.
Les mesures et les observations sont faites in vivo à partir
d'une injection d'isotopes radioactifs et par observation de leur
désintégration. Mais qu'en est-il de l'antimatière ? Il
s'agit en fait d'un produit de la désintégration de l'isotope.
Les radio-isotopes les plus souvent utilisés sont le
carbone 11, l'azote 13, l'oxygène 15 et le
fluor 18. Ces isotopes ont une carence en neutrons et se
désintègrent lorsqu'un proton se transforme spontanément en
neutron, provoquant ainsi l'émission d'un positon. On utilise
surtout ces isotopes parce qu'ils se désintègrent uniquement en
émettant des positons. Le positon, c'est-à-dire une sorte
d'antimatière, est un électron à charge positive. Au moment de
son émission, le positon entre en collision avec un électron et
entreprend un processus d'annihilation antimatière-matière. Au
cours de ce processus, les deux masses équivalentes du
positon et de l'électron sont converties en rayonnement
électromagnétique qui prend la forme de deux photons à
rayonnements égaux (511 keV) émis à 180 degrés l'un
de l'autre. C'est cette émission de rayons gamma (g) qui est
détectée.
On utilise ces isotopes parce que le carbone, l'azote et
l'oxygène sont déjà présents dans les molécules du corps
humain. En conséquence, l'ajout de ces isotopes ne modifie pas
de façon significative les propriétés chimiques de ces
molécules. Bien que les molécules biologiques ne contiennent
pas de fluor, celui-ci peut quand même être utilisé parce que
ses atomes sont considérés comme étant
« isostères » par rapport aux atomes d'hydrogène
présents dans le corps. La demi-vie des isotopes est inférieure
à deux heures, ce qui permet de réduire au minimum
l'exposition aux rayonnements tout en allouant suffisamment de
temps aux observations. Les isotopes sont produits à l'état pur
dans un cyclotron qui ajoute des protons aux isotopes stables par
l'entremise d'un bombardement à haute énergie du noyau stable
à l'aide de protons et de deutérons. Étant donné que leur
demi-vie est tellement courte (l'oxygène 15 :
2,03 minutes, le carbone 11 : 20,4 minutes,
l'azote 13 : 9,96 minutes et le
fluor 18 : 109,8 minutes), les isotopes doivent
être produits immédiatement avant leur utilisation. Il est donc
nécessaire qu'un cyclotron se trouve à proximité.
En 1980, TRIUMF (pour Tri-University Meson Facility,
c'est-à-dire installation de production de mésons
triuniversitaire) lançait le seul projet de TEP de
l'Ouest canadien, en collaboration avec l'hôpital de
l'Université de la Colombie-Britannique. TRIUMF produit du
carbone 11, de l'oxygène 15, du fluor 18, du
brome 75 (dont la demi-vie est de 98 minutes), ainsi
que des produits radiopharmaceutiques utilisés dans les
processus d'imagerie. Une fois que les produits
radiopharmaceutiques ont été fabriqués par les chimistes, ils
sont envoyés à l'hôpital par un pipeline pneumatique
souterrain de 2,4 km. La durée du voyage n'est que de
deux minutes ! Les produits radiopharmaceutiques sont
ensuite utilisés à la Clinique de troubles neurodégénératifs
où l'on étudie les problèmes de mouvement comme la maladie de
Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique (SLA).
Dans le cadre d'un projet de collaboration semblable, la
faculté de pharmacie de l'Université de Toronto et la
Radiopharmacie régionale des hôpitaux Chedoke et McMaster
travaillent à la synthétisation de nouveaux produits
radiopharmaceutiques. Ceux-ci seront utilisés pour la recherche
et le travail clinique comme la synovectomie radio-isotopique
chez les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde,
l'imagerie myocardique et la mesure des caractéristiques
neurophysiologiques. On fait également des recherches pour
essayer de mettre au point des produits radiopharmaceutiques
thérapeutiques et diagnostiques pour des tumeurs spécifiques.
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