|
LE CUIVRE DEVIENT CONDUCTEUR
D’ORDINATEURS
Plus
petite, plus rapide et moins chère.
Pour lancer une nouvelle voiture, ce serait pas mal comme
slogan, non
?
En
fait, ces mots sont aussi les trois éléments
moteurs derrière la technologie des microplaquettes. Si une
caractéristique rend une puce supérieure à une autre, c’est
toujours sa taille, sa vitesse ou son faible coût.
Maintenant, qu’est-ce que la chimie vient faire en micro-électronique
Eh
bien ! chaque puce d’ordinateur fabriquée
dans le monde est conçue au moyen d’un procédé
photolithographique et comprend une série de couches
complexes de connecteurs de tungstène et de silicone
interconnectés par des pellicules de silicium polycristallin.
Il va sans dire que sans connaissances en chimie, nous
n’aurions tout simplement pas d’ordinateurs ! Les premières
puces étaient conçues à l’aide de procédés chimiques
comme l’oxydation, la photolithographie, la gravure et
l’implantation. Les techniciens en chimie travaillent
d'arrache-pied dans le but de mettre au point de nouvelles
puces à rendement supérieur.
Actuellement, le nouveau champion de la technologie des
microplaquettes est nul autre qu’un vieux conducteur
reconnu pour sa grande efficacité et son coût abordable :
le cuivre. Traditionnellement, le filage d’aluminium, peu
coûteux, souple et disponible en abondance, était utilisé
sur les microplaquettes pour transmettre l’information.
En 1997, toutefois, IBM annonçait une percée dans ses
recherches, qui rendait possible l’utilisation de transistors
de cuivre.
Le cuivre, en termes de conductivité, est supérieur à
l’aluminium. Autrement dit, comme les électrons y
circulent à plus grande vitesse, les puces sont elles aussi
plus RAPIDES. Les fils de cuivre transmettent les
renseignements électroniques avec 40 % moins de
résistance que l’aluminium. Cela signifie que les
microprocesseurs de cuivre acheminent l’électricité jusqu’à
15 % plus rapidement que l’aluminium. Voilà une belle
façon de réduire son temps de téléchargement !
Cette efficacité accrue signifie qu’il faut moins de puces
pour effectuer la même quantité de travail. De plus, les fils
de cuivre sont plus minces et moins encombrants que les
fils d’aluminium, tout en étant moins fragiles et donc plus
résistants. La fragilité des fils d’aluminium s’explique par
l’électromigration ou les vides qui se créent lorsque des
atomes individuels se déplacent de manière erratique en
raison de la haute intensité du courant.
L’épaisseur des fils d’aluminium oscille autour de
0,35 micron, tandis que celle des fils de cuivre est d’environ
0,20 micron. Pour vous donner une meilleure idée, disons
qu’un micron est 100 fois plus mince qu’un cheveu humain
! Étant donné qu’on utilise jusqu’à un quart de mille de
filage sur une seule puce d’ordinateur, il va sans dire que
plus les fils sont minces, moins le nombre de puces est
élevé, ce qui amène les fabricants à produire des puces
PLUS PETITES et des ordinateurs PLUS PETITS.
Et tout ça POUR BIEN MOINS CHER ! Comparées aux
anciennes puces, les nouvelles puces de cuivre coûtent de
10 % à 15 % moins cher à produire. Vous vous étonnez que
personne n’ait pensé à utiliser le cuivre auparavant En
fait,
on y avait pensé. Depuis la fin des années 1960, les
chercheurs ne cessent de travailler à mettre au point une
puce de cuivre pratique et facile à fabriquer.
Tant d’efforts pour un si petit truc !
UN CERVEAU POUR VOTRE TÉLÉVISEUR NUMÉRIQUE
De nombreux secteurs du monde de l’informatique tireront
bientôt profit de la meilleure conductivité du cuivre. Des
puces plus efficaces sont synonymes d’ordinateurs plus
petits, plus rapides et moins coûteux. Les entreprises
informatiques prévoient faire une percée dans un appareil
qui jusqu’à maintenant se passait de l’ordinateur : votre
téléviseur
Zarlink (autrefois Mitel) fait équipe avec IBM pour créer
des téléviseurs numériques intégrés, ou iDTV. Des puces
insérées dans un « boîtier de décodage » de votre téléviseur
pourraient en effet donner à ce dernier un cerveau.
Le décodeur d’un téléviseur numérique contient un
syntoniseur et un démodulateur. Le premier reçoit un
signal et le second le décode pour le transformer en
images. Jusqu’à tout récemment, chaque composante
possédait sa propre puce. Grâce à la nouvelle technologie,
les syntoniseurs, les démodulateurs et les éléments
interactifs proposés du téléviseur numérique se partageront
une même puce.
« La réduction de l’espace donne naissance à une nouvelle
technologie, nous dit Michael Salter, directeur des
communications de Zarlink à Ottawa. Et vous obtiendrez
toujours un meilleur signal si vous avez moins de
composantes. »
Parmi les caractéristiques des nouveaux téléviseurs : texte
numérique, accès à
Internet, commerce électronique, enregistreurs
vidéo personnels et disques numériquespolyvalents. Les
nouveaux iDTV seront testés sur le marché européen où la
technologie est plus évoluée : tout le continent passera de l’analogique
au numérique en 2006. Selon M. Salter, un seul
facteur ne permettra pas d’implanter l’iDTV en Amérique
du Nord.
« L’acceptation de la télévision numérique
est conditionnelle à la réduction des coûts », dit-il.
Encore une fois, il semble que plus petit, plus rapide et
moins coûteux soient à l’ordre du jour.
|